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La retraite de la consommation

La retraite de la consommation

Le débat sur les retraites a pris une tournure essentiellement budgétaire sur fond de pyramide des âges. Il devrait pourtant être abordé sous deux autres angles complémentaires.

 

Tout d’abord celui de la quantité de travail (voir supra). La démographie fait que nous allons avoir de moins en moins de personnes en âge de travailler, avant même que la population décline. Si bien qu’il faudra, au choix, recourir à l’immigration de travail, accepter que la charge et les conditions de travail se durcissent, ou que nous assumions la décroissance. Ce dernier point réduisant de fait aussi la capacité à financer les retraites. Le taux d’emploi va donc nécessairement augmenter et faire dériver la consommation vers plus de services.

Ensuite, il y a le volume de la consommation ! Notre système de retraite est aujourd’hui un véritable frein à la consommation, et à une meilleure consommation. Toutes les catégories de population consomment, mais pas de la même manière ni dans les mêmes proportions. Dans aucun pays de l’OCDE les revenus des retraités sont autant tirés des cotisations retraites donc, vu notre système par répartition, directement des actifs. Or, les actifs, particulièrement les jeunes, sont le socle de la consommation.

 

 

Les retraités Français sont les mieux lotis du monde et de l’histoire. Tant mieux pour eux. Mais il convient d’observer que la hausse ces dernières années du taux d’épargne, pourtant déjà élevé en France, est pour les 2/3 le fait des retraités, signe de revenus excédentaires aux besoins courants.

En regard, s’installant dans la vie, voulant faire des enfants (dont nous avons besoin) mais ne le pouvant pas toujours, les ménages de jeunes actifs peinent à consommer à hauteur de leurs désirs et parfois de leurs besoins.
Sans attiser de conflit générationnel, nous pouvons aussi observer que les besoins caloriques sont moindres à 75 ans qu’à 25, que la garde-robe tourne moins vite et que les investissements sont largement derrière soi. C’est bien au début de la vie active que les besoins de consommation sont les plus importants.

 

Pourtant, notre système est en train d’étouffer la capacité de consommer de ceux qui en ont besoin, les enjoignant à consommer moins, ou moins cher, ou importé, pour remplir l’épargne ou les loisirs de ceux dont les besoins sont moindres. La consommation est toujours un arbitrage entre désirs et contraintes. Nous augmentons les contraintes de ceux qui désirent consommer et réduisons celles de ceux qui n’en ont plus besoin. Certes l’épargne sera une consommation future, mais dans combien de temps, et avec quelle ponction fiscale au passage ?

 

En sus de la raison budgétaire, la quantité de travail, et le revenu des actifs plaident absolument pour une vraie réforme des retraites. Laisser le système en l’état étouffe la consommation.

Philippe Goetzmann & » est une agence conseil qui opère dans le retail, la filière alimentaire et l’économie servicielle. Nous accompagnons les dirigeants dans l’analyse des marchés, l’élaboration de la stratégie, le marketing de l’offre et les relations institutionnelles.

Philippe Goetzmann est administrateur de Ferrandi, de ESCP Business School et de l’Institut du Commerce, membre de la CCI Paris Ile-de-France et de l’Académie d’Agriculture de France et expert associé au Club Demeter.

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