Les fruits et légumes sont l’aliment santé par excellence, mais ils peinent à trouver une trajectoire de consommation aussi positive que leurs bienfaits. Entre 2007 et 2025, le pouvoir d’achat du SMIC en PGC a augmenté d’environ 10 % malgré l’inflation, alors qu’il a reculé de 30 % pour les fruits et légumes. Les produits industriels sont ainsi devenus beaucoup plus compétitifs.
La comparaison européenne est frappante : sur un panier courant (fraises, concombres, courgettes, poivrons, pommes, asperges, poireaux), les prix peuvent varier du simple au double entre l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et la France. La France reste toujours la plus chère, l’Espagne la moins chère. Rapportés au salaire minimum, ces écarts sont très marqués : un Français doit travailler 70 % de plus pour acheter des fruits et légumes français qu’un Espagnol pour acheter des produits espagnols. En « temps de SMIC », l’Espagne est ainsi 40 % moins chère.
Certes, les produits français sont souvent de meilleure qualité sanitaire et produits dans de meilleures conditions. Mais faut-il en faire des produits élitistes, trop peu consommés, au risque d’accroître les importations ?
Ces écarts s’expliquent notamment par le coût du travail dans une filière très consommatrice de main-d’œuvre du champ à l’étal, une fiscalité lourde et une surtransposition des normes qui augmente les coûts de production, d’emballage et de distribution.
À l’image du Big Mac Index de The Economist imaginé pour comparer les pouvoirs d’achat, un « index fraises-courgettes » illustre aujourd’hui l’impact des normes et de la fiscalité sur le pouvoir d’achat alimentaire.
